SOCLES

À propos de cette revue

La revue SOCLES (Société et Langues), ISSN: 2335-1144 EISSN: 2588-2023 , idexée dans ERIH PLus est une revue en libre accès (open acces) de publication annuelle à partir du n°8 publié en 2016 après avoir été semestrielle de 2012 à 2016 . Elle se veut le reflet des recherches, privilégiant l’interdisciplinarité. Elle est éditée dans les langues française et anglaise par le Laboratoire de Linguistique et de Sociodidactique du Plurilinguisme (LISODIP) de l'Ecole Normale Supérieure de Bouzaréah (ENS). Elle a pour objectif d'analyser les discours produits dans les situations plurilingues et de réfléchir à l'impact du plurilinguisme sur les différentes situations de productions discursives. Les travaux qui sont publiés dans Socles s'inscrivent dans des domaines variés en sociolinguistique, en sociodidactique, en pédagogie universitaire et en littérature en contextes plurilingues. Ces recherches, malgré la diversité des problématiques, des contextes et des corpus, s’intéressent toutes aux situations de pluralité des langues, des variétés et des usages, à leurs modes de contacts, aux représentations produites, tant dans le cadre socioprofessionnel et scolaire que dans le cadre littéraire. Elles permettent de réunir des données contextualisées et de s’interroger sur les enjeux épistémologiques et théoriques qu’induisent les transférabilités modélisatrices de certains concepts et démarches dans lesquelles le français est en contact avec d’autres langues. La revue Socles accueille des travaux originaux et s'ouvre sur les interrogations nationales et internationales relatives à la pluralité linguistique.

 

ISSN: 2335-1144 

EISSN: 2588-2023

Numéro courant

Vol. 7 No 1 (2018): Explorer les pratiques linguistiques, textuelles et artistiques francophones du point de vue de l’entredeux et de l’écart

Le présent numéro de Socles (N° 11) est consacré à la publication des actes des 3° Rencontres
scientifiques du Réseau LaFEF (Langue française et Expressions Francophones) qui se sont
déroulées à Oran, les 2 et 3 Mai 2017, en partenariat entre les laboratoires LISODIP (ENS
Bouzaréah)et PREFics (Université Rennes 2) et le Ministère de l’enseignement supérieur, et
ont eu pour thème de réflexion « Explorer les pratiques linguistiques, textuelles et
artistiques francophones du point de vue de l’entre-deux et de l’écart ».
Cette thématique a pour point de départ les travaux de François Jullien, Professeur titulaire de
la chaire sur l’altérité du Collège d’études mondiales, qui fait de la question de l’entre-deux
un outil épistémologique mis en œuvre à travers un concept médiateur à explorer : celui
« d’écart ». L’entre — tel qu’il le théorise — n’est plus réduit au statut d’intermédiaire, entre
le plus et le moins, mais se déploie comme « l’à travers ». L’entre (écart mais plein de
potentialités) n’est pas non plus réductible à la catégorie de l’inter (espace plein de choses
communes, au croisement de deux ensembles), plébiscitée dans les sciences humaines et
sociales. Le concept d’entre-deux a également été exploré par le spécialiste critique de
l’interculturel J. Demorgon sous la notion d’« interité », où l’inter (dans cette nouvelle
acception) est la réalité première et fondamentale. Ainsi par exemple « l’entre-les langues »
serait plutôt le tissu ordinaire et originel du monde sociolinguistique, qui, de ce fait, est là
avant que des parties de ce continuum soit découpées et isolées sous la forme de langues, et
qui perdure après ce découpage. Il est perçu comme un « entre-les-langues » parce que des
conceptions dominantes / hégémoniques posent les langues clôturées comme priorité à la fois
cognitive, politique et historique.
L’entre-deux semble permettre une pensée de la transformation et du cheminement, de la
construction et du processus. L’entre-deux est une façon d’analyser le mouvement de création
entre deux pôles fixes ou mieux, de ces deux pôles entre autres à partir de leur entre-deux. Il
peut se décliner en direction de très nombreuses pistes. Il initie également et surtout une
nouvelle approche épistémologique et une nouvelle approche heuristique qui renverse de
façon copernicienne les rapports entre les entités identifiées et l’entre ces entités.
Cette approche s’inscrit de manière fondamentale et explicite dans le champ de
l’interdisciplinarité. Cela ouvre un regard neuf sur la façon d’aborder les phénomènes
sociaux, les créations humaines individuelles et collectives, notamment la question de
l’identité et de l’altérité, ainsi que de leurs métamorphoses contextualisées.

Publiée: 2018-11-28

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