Le "Je" aux appartenances brisées dans l’œuvre de Nina Bouraoui
Mots-clés :
Je, postcolonial, liens, identité, postmémoireRésumé
Nous partons du constat que l’expérience littéraire de Nina Bouraoui, ayant émergé dans un contexte franco-algérien
postcolonial, laisse apparaître un "Je"féminin d’écriture qui ne finit pas de réunir et de confondre les nombreux fragments
antagonistes qui constituent l’œuvre et son auteure. Ce sont des liens qui s’expriment non dans la binarité et l’exclusivité mais
plutôt dans la complémentarité et la solidarité. Force est de constater aussi qu’en se déployant dans un terrain de conflits,
le"Je" révèle sa complexité au sens morinien du terme, dans la mesure où il se crée dans un lieu de négociations poétique et
politique. Exprimant à cet effet ses nombreuses facettes relationnelles interdépendantes, il affirme particulièrement la
pluralité de ses liens brisés par l’Histoire ainsi que par les enjeux socio individuels et politiques de la sexuation identitaire très
affirmée dans l’œuvre de cette auteure Telle est, par exemple, la perspective développée dans Garçon manqué et Mes mauvaises pensées que nous analyserons à la lumière de la théorie postcoloniale et du concept de la postmémoire à travers lesquels nous montrerons que ces textes, tout en niant les marquages identitaires, participent à mettre en place un imaginaire personnel « englobant » nourri de multiples appartenances brisées qui contribuent d’ailleurs à dépasser les essentialismes et les enfermements.
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